II.Les conséquences de ce fonctionnement sur le plan géopolitique

C. Le Narcotrafic



 

  Le narcotrafic est désigné comme l’échange illégal de drogues sur le marché, selon l’ONU et ses différentes conventions de 1961, 1971, et 1988. Le but des accords signés par différents pays est de ralentir, voire d’arrêter tout commerce de substances illicites dans le monde. Parmi les acteurs principaux de ce narcotrafic, on retrouve notamment la Colombie, ainsi que l’Afghanistan.

En effet, les statistiques d’Interpol démontrent que la Colombie occupe environ 70% du marché planétaire de la cocaïne, depuis les années 2000. On relève néanmoins une baisse de la production : en 2003, la quantité produite a chuté de 250 tonnes par rapport à 1999. On passe alors de 690 tonnes, à 440. Mais la Colombie possède beaucoup de ressources, et domine toujours autant : on trouve au total, 100 000 hectares destinés à la plantation d’arbres de coca, ce qui permet aux trafiquants de produire environ quatre kilogrammes par an, et par hectares. On trouve la plupart de ces plantations au centre de la Colombie, ou à l’est, dans les départements tels que Guaviare, Putumayo, Meta, Vaupés, ou encore Caqueta.


 

Zones de culture de cocaïne en Colombie

 

Malgré les nombreuses tentatives de lutte contre le narcotrafic afin de stopper ce dernier (nuages chimiques déversés sur des champs, évacuation de la population, destruction des terres cultivables…), l’armée colombienne, épaulée par les États-Unis, ne parvient pas à empêcher la Colombie de se hisser à la première place des pays producteurs de cocaïne.

 

Culture de pavot à opium en hectares, entre 1994 et 2010 (Colombie), selon l’UNODC

 

Et si les contrôles visant à empêcher le déplacement de la drogue vers d’autres pays se font de plus en plus présents, les moyens d’exportation se multiplient. En effet, différentes techniques sont mises en place, afin d’assurer le trafic de stupéfiants : l’exportation peut se faire par voie sous-marine, ou tout simplement marine, mais aussi par voie aérienne. La encore, deux choix sont envisageables : le transfert peut s’effectuer à bord de petits avions, se dirigeant en Amérique centrale, et principalement au Mexique, ou bien par le biais de courriers humains, appelés « mules », qui prennent des avions de lignes.

 

Mais la cocaïne n’est pas la seule production de la Colombie. Effectivement, on trouve des plantation de pavots à opium, aussi appelés pavots somnifères, dès les années 1990. Cette plante permet la création d’analgésique tels que la codéine et la morphine. Le trafic est majoritairement lié à la transformation en opiacé de synthèse : l’héroïne. La production de cette dernière est d’environ 75 tonnes par an ; la Colombie détient donc 1% du marché mondial d’héroïne, selon Interpol.

 

Depuis la fin des années 2000, la Colombie accuse une baisse de la production totale des drogues. En effet, en 2010, l’ensemble de la culture s’étale sur 6 800 hectares, c’est-à-dire que le pays a perdu environ 60% de sa superficie cultivable, en dix ans. Le Pérou est désormais placé au rang de premier producteur mondial de drogue. Si la Colombie possède seulement 1% de la production mondiale d’héroïne l’Afghanistan détient, selon Interpol, 90% de ce marché, les conditions climatiques, et géographiques étant plus favorables à cette culture. Aussi, on estime l’argent généré grâce au trafic de l’opium, à environ 2,5 milliards de dollars américain, ce qui équivaut à 35% du PIB (indicateur de la richesse créée dans un pays) de l’Afghanistan, en 2005.

 

Selon l’UNODC, c’est-à-dire l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime, qui est une organisation de l’ONU, environ 10,3% de la population cultive du pavot en 2003. En 2010, cette même organisation a déclarée que les villages les plus touchés par la violence et les guerres, étaient ceux où la population s’impliquait le plus dans la production d’héroïne. (Les estimations s’élèvent à 80% dans ces villages, contre seulement 7% dans ceux qui ne sont pas, ou presque pas touchés).

Est alors émise l’hypothèse reliant conflit et culture d’opiacés. De plus, on remarque que la culture de pavot dans la région du Sud a nettement augmentée entre 2005 et 2007 – contrairement à la région Nord, qui a fortement baissé - et cela est du à une forte présence des talibans. Ainsi, Helmand, province la plus fréquentée par ces derniers, a vu sa production augmenter en flèche : entre 2005 et 2007, elle passe d’environ 4 500 tonnes, à plus de 8 000 tonnes. Les contrôles se faisant moins présents, à cause des nombreux conflits qui s’y opèrent, le Sud devient, en 2007, une zone plus fréquentée par les producteur d’opium et ce, aux dépends du Nord. (Le Nord possède une législation plus stricte concernant les sanctions encourues).


Production d'Opium en Afghanistan, selon les régions


L’héroïne produite en Afghanistan est principalement envoyée vers l’Europe. Néanmoins, on dénombre au total trois routes principales pour le trafic d’opiacés. La première, la route du sud, passe par les frontières de l’Iran, ainsi que celle du Pakistan. Elle se dirige ensuite vers l’Inde, la Turquie et le Caucase, afin d’intégrer l’Europe de l’Est, avec notamment les Balkans. Cependant, le trafic peut aussi passer par la voie maritime, en rejoignant les ports pakistanais, ou bien iraniens. Il peut aussi passer par les airs, une fois encore vers le Pakistan. (Les saisies effectuées dans ce pays occupent 32% des saisies planétaires en 2003.) L’Irak est aussi devenue une voie d’exportation importante : en effet, après la chute de Saddam Hussein en 2003 par les États-Unis, les trafiquants n’étaient plus sanctionnés de la peine de mort. La seconde route, appelée route du nord, a été « ouverte » grâce à la chute du bloc soviétique en 1991.Les trafics de drogues passent donc par le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan. Après être passé par le Kazakhstan, carrefour important dans le marché de la drogue, elle se dirige vers l’Asie centrale, la Russie ou l’Ukraine.

Enfin, une troisième voie, appelée route de l’ouest, est envisageable pour les trafiquants. Elle passe elle aussi par l’Ouzbékistan, ou par le Turkménistan, afin de rejoindre la mer Caspienne, et de se diriger vers l’Azerbaïdjan, ou le Daguestan. Les drogues sont ensuite amenées en Géorgie, puis transférées vers des ports de la mer Noire. Les différentes routes possibles ont à chaque fois un ou plusieurs pays en commun, ce qui permet aux trafiquants de changer de voie, si un problème survient. Selon Interpol, la plupart des trafics passent par l’Iran : 40% de l’héroïne, et 86% d’opium en 2003.

 

afgha-routes-drogue-1.jpg

 

Le narcotrafic est donc extrèmement lié au marché mondial de la drogue : en effet, l'échange de stupéfiants entre pays dépendent de l'économie de ces derniers, et génère des conflits importants partout dans le monde. De plus, les cartels sont des acteurs majeurs en ce qui concerne cette conséquence. On remarque alors toute l'importance qu'ont les drogues sur le planisphère.

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