II. Les conséquences de ce fonctionnement sur le plan géopolitique

B. Les conflits engendrés par l’existence de cartels de drogue



Tout d’abord, la recherche du monopole de la vente de drogues entraîne une certaine rivalité entre les différents acteurs de ce marché. En effet, ce phénomène de compétition s’illustre au cours de l’histoire par la création de conflits. La vente de l’opium dans la première moitié du 19ème siècle engendre par exemple la première guerre de l’opium entre le Royaume-Uni et la Chine. Ce conflit, de 1839 à 1842,  est lié à une forte consommation en Chine de cette drogue, dont le Royaume-Uni contrôle la vente à échelle mondiale, à l’époque. La seconde guerre de l’opium oppose, elle, la France, les Etats-Unis et la Russie aux côtés du Royaume-Uni à la Chine, toujours motivé par des raisons commerciales. Ce sont les lois anti-opium de la dynastie Qing qui ont provoqué des tensions avec les Britanniques, qui voulaient exporter massivement l’opium.

 

Les conflictualités liées au marché mondial de la drogue sont nombreuses. Ce dernier peut entraîner un conflit interétatique en rapport avec le monopole de la fabrication ou du commerce. De nos jours, on voit apparaître des conflits divers, par exemple entre les revendeurs et les consommateurs, comme lorsqu’en septembre 2011, à Bruxelles, un consommateur régulier a tenté de porter des coups de couteaux à son revendeur habituel parce qu’il n’avait pas la dose dont il avait besoin. On peut aussi observer certains conflits entre différents Etats, provoqués indirectement par le trafic de drogue. Effectivement, durant la guerre froide, les grandes puissances en conflit et disposant de l’arme nucléaire puisaient dans l’argent de la drogue pour financer des guerres dans le Tiers-Monde. Cependant, l’éclatement du bloc soviétique et la fin de la guerre froide n’ont pas mis fin à ces conflictualités et les belligérants ont donc compté en grande partie sur l’argent de la drogue pour les continuer. Actuellement, 25 des 30 conflits locaux qui existent dans le monde sont liés au marché de la drogue, comme particulièrement en Angola.

On peut également relever l’exemple du Kosovo, qui a subi une guerre dont le déclenchement est directement lié aux drogues et dont la résolution a été freiné par ce même trafic de drogues. L’Observatoire Géopolitique des Drogues souligne même qu’en 1991, les profits de la vente de drogues, et plus particulièrement d’héroïne, en Europe a permis l’achat d’armes par des ressortissants albanais, en vue d’un mouvement de révolte contre l’oppression serbe.

 

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Conséquences de la guerre, au Kosovo.


L’utilisation des drogues peut être destinée à une autre fonction que le financement des conflits. Effectivement, les Enfants-Soldats en Afrique sont souvent drogués pour éviter un stress trop intense lors des affrontements, parfois stimuler leur ardeur au combat ou les rendre inconscient du danger, de la douleur. Cependant, les liens entre drogues et conflits sont généralement économiques, c'est-à-dire liés à la valeur ajoutée, ensemble des richesses nouvellement créées par une organisation de production, entraînée par les prohibitions du marché de la drogue, le plus souvent produite dans le Tiers-Monde.

 

L’existence de réseaux criminels organisés s’occupant du trafic de drogue a par conséquent des répercussions néfastes, comme l’éclatement de guerre ou de conflits, mais elle peut également donner lieu à des échanges à échelle internationale.

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