I.Le Marché mondial de la drogue repose sur une économie souterraine

A. Le trafic de drogues s’ancre dans une économie parallèle

 

 

  En parallèle de l'économie régulière, on retrouve une forme d'économie échappant aux régulations et souvent proche de l'illégalité : l'économie souterraine. Le marché mondial de la drogue s'inscrit dans cette partie de l'économie. Tout d'abord, le trafic même de drogues est une des caractéristique révélatrice de son appartenance à cette économie. Effectivement, en 2002, environ 50 tonnes de cannabis ont été saisies. Ces saisies sont surtout effectuées par les douanes. Dans les Pyrénées orientales sont faites les plus grosses saisies, c'est-à-dire plus de 17 tonnes cette année la. Le plus souvent, les douanes ou les policiers saisissent de la résine de cannabis aux usagers ou trafiquants. Les interpellations sont le plus souvent faites aux usagers (90% soit 73 449 en 2002) mais aussi aux trafiquants de cannabis (68% soit 10 000 en 2002). Ils font partie de la large majorité des infractions à la législation sur les stupéfiants.

 Les consommateurs quand à eux se tournent d’avantage vers l’herbe que vers la résine de cannabis. Malheureusement celle-ci est moins courante et a une teneur moins forte en tétrahydrocannabinol (THC),  (5% en THC pour l’herbe, 5% à 10% de THC pour la résine). Les prix se différencient d’un point de vue quantitatif au niveau de l’approvisionnement et qualitatif. L’herbe nécessitant plus d’étapes avant sa disponibilité, elle va être légèrement plus cher, ceci dit, cela ne dépassera pas les 10 euros par gramme, en partant d’une base de 5 euros. De plus, il peut y avoir ajonction des produits (henné, médicaments, terre), ce qui permet aux vendeurs de faire plus de profits. Cependant ils risquent de perdre leurs consommateurs. Les provenances plus courantes sont la Belgique, les Pays-Bas, le Congo et Sainte Lucie. Pour la France, l’origine la plus rencontrée est le Maroc, passant massivement par l’Espagne.

 

Schéma décrivant les possibilités d'une économie souterraine

Les réseaux de trafic de drogues sont structurés : les quartiers les plus touchés sont ceux réputés difficiles en agglomération française. Ce réseau se fait par une division du travail, les vendeurs ou revendeurs se répartissent les tâches : des finances, du transport, du camouflage, du stockage, du dispatching, du blanchiment (cf. I. B.) etc. La stabilité de la vente du cannabis est traduite par l’aide des jeunes qui consomment et participent à la vente. La vente se fait la plupart du temps dans un parking, une passerelle, un local ou un hall mais peut aussi se faire grâce a une heure définie entre vendeurs et consommateurs. Dans ce qu’on appelle les fours, un getteur se place en bas d’un immeuble avec une arme, tandis que le consommateur monte en haut de l’immeuble, au lieu ou est organisée la vente. Les vendeurs doivent être au calme et dans l’anonymat, et ils ne font pas preuve de violence comparé à ce que l’on pense, c’est pourquoi ils sont le plus souvent dans un appartement. Cette activité est quotidienne et rapporte de 6000 à 10 000 euros par jour. C’est l’économie dite de la "débrouille", elle comprend des activités légales et illégales.

Cependant elle peut très bien se faire aussi entre connaissances, c'est ce que l'on appelle le capital relationnel. Les grossistes, en haut de la hiérarchie, délaissent le cannabis (drogue douce) pour des drogues chimiques (drogues dures). Ce sont le plus souvent des mafieux, divers et variés, qui dirigent tout en haut de l’échelon ce trafic. Ceux-ci accumulent des capitaux non négligeables, qui leurs permettent de vivre agréablement malgré le partage du revenu qu’ils perçoivent grâce a leurs ventes.

On peut prendre pour exemple la Mairie de Saint-Ouin à Paris, lieu de rencontre entre l'offre et la demande. La diffusion du cannabis reste donc stable malgré ce qu’on appelle le maillon final c’est-à-dire celui qui fait l’intermédiaire entre le gros et le consommateur, et qui reste le plus exposé (aux arrestations notamment).

L'économie parallèle des drogues est organisée de façon stratégique. Les gros vendeurs doivent être protégés, contrairement aux autres revendeurs qui sont visibles aux yeux de tous, mais surtout de la police. Cependant, les autorités ne recherchent pas les petits revendeurs mais bien ceux qui produisent et fournissent en grande quantité de la drogue aux dealers de proximité à leurs pofits. Tout cet argent que s’approprient les vendeurs doit connaître un processus particulier pour rejoindre l’économie réel d’un pays.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site